samedi 27 septembre 2008

Voyage en pinasse, 2eme et 3eme jours.

Mercredi 17 sept.

6h un bruit de moteur... Le soleil à peine levé, nos chauffeurs se préparent déjà à partir. Moi qui voulais me dégourdir un peu les jambes... tant pis, nous voila deja au milieu du fleuve!
Petit déj pain-miel-thé/café pour nous, reste des macaronis pour eux..

Ici le bras du fleuve est beaucoup plus large. Depuis la traversée du lac Débo, nous ne voyons plus les rives d'aussi pres.
Toujours des villages sur les rives. Une petite pause pour acheter du poisson. Les enfants accourent... ici aussi, sur ce minuscule îlot, ils réclament cadeaux, T-shirt, argent... ils se contenteront de nous observer, toucher... Ici aussi, ils adorent prendre mes mains, les caresser, comparer ma couleur de peau à la leur, passer le doigt sur mes veines qu'eux ne voient pas sous leur peau noire.

10h20 à peine... j'ai déjà lu, médité, contemplé... moi qui ais toujours peur de n'avoir pas assez de temps pour tout faire, là je constate que j'ai tout mon temps pour rien à faire!...
Un thé.. et puis sieste. Aujourd'hui moins de nuages qu'hier, le soleil brule la peau, impossible de rester sur le toit de la pinasse.
12h30 de navigation plus tard, nous voila arrivés avant la nuit cette fois.

Jeudi 18 sept.

2h Reveil: il y a de l'eau dans le bateau. Tout est trempé. Nous vidons le bateau (sacs, matelas, banquettes, paillasses, plancher et eau) et trouvons enfin la cause de cette inondation. Un bout de chiffon enfoncé au couteau dans le trou et operation inverse pour remonter toute la structure. Je profite du calme de la nuit (il n'y a pas de vent, la lune eclaire la plage...) comme les sosos profitent de moi.
Au bout d'une heure nous revoila enfin à l'abris sous la moustiquaire.
5h45, j'entends deja des pas, nos guides sont levés et font leurs ablutions pour la priere. Le jour se leve à peine, et j'ai mal partout d'avoir fini la nuit recroquevillée sur la banquette.
1/4 d'heure plus tard, le moteur est deja lancé pour notre derniere journée fluviale.
Lever de soleil, un pecheur dans sa pirogue apparait dans le cercle de feu. Je regrette de ne pas savoir peindre ou dessiner pour croquer ces instants.
Encore des villages sur les rives. Ils semblent posés là comme une devanture, un decors de quelques metres de larges dans lequel s'etale tout ce qui fait la vie d'ici: des enfants qui se baignent pendant que les femmes lavent, celles qui pilent le mil, celle qui cuisine devant sa case, un homme qui reprise son filet, quelques autres plus agés assis sous un arbre à palabres, quelques chèvres, poules, deux pirogues, des bambins qui courent et nous saluent d'un "Toubabous"... Cette vie s'arrete quelques secondes, nous regarde passer... échange de regards, de saluts... magie éphémère!...

Vers 14h, nous arrivons enfin au bout du monde. Enfin, juste au port. Il reste encore 18km de route.
Ibrahim, un guide touareg nous attend. Nous decidons de prendre un taxi-brousse. Il faut patienter à l'ombre des sacs de charbons que le proprio des poissons revienne, que les papiers d'autorisation pour le transport du charbons soient en regles... Et quelle chaleur! ca brule la peau, les poumons; apres 3/4 d'heure à se dessecher au vent brulant, nous voila enfin partis... et comme il faut rentabiliser le trajet, nous finirons le voyage à 16 adultes et 4 bébés (+ d'enormes pagnes remplis d'ustensiles de cuisine et de produits du marché ) dans le 4x4.
Enfin la voila: Tombouctou, la porte du désert...


Pas pu mettre de photos aujourd'hui, le haut débit est au plus bas ;) mais ca viendra promis.

3 commentaires:

Baba a dit…

C'est palpitant tout ça!
c'est comment toumbouctou ??

J-P a dit…

Quelle aventure! Tu vas faire une sérieuse concurrence à Martine. Tu sais Martine à la mer, Martine à la montagne... Là c'est Sandra à Bamako, Sandra à Djenné, Sandra en pinasse, Sandra à Dara, Sandra et la blatte géante, Sandra à Tombouctou...
En tout cas ça donne très envie d'y aller. Merci de prendre du temps pour nous faire partager ton voyage. J'espère que tu pourras ramener un peu de musique malienne aussi, histoire d'être dans l'ambiance quand, habillé de mon boubou, assis sur mon djembé, j'écouterai les récits de tes périples maliens qui sentent bon le soleil et le karité... Vivement!
Encore un proverbe africain pour la route, je n'y résiste pas : Si tu ne sais plus où tu vas regarde d'où tu viens...
Ah, l'africain est philosophe parfois!!! Tout à fait...
Bisous bronzés de retour de Saint-Cyprien, où j'ai réussi à me baigner. Si, si... J'ai pensé à toi, qui doit te languir de la mer sous la chaleur africaine. J'ai fait un saut dans les vagues en pensant à toi. Promis! Et même bu une gorgée d'eau salée à ta santé! Beurk!
A très vite. Prends soin de toi, et en toutes circonstances souris car ce que tu vis est merveilleux!

J-P

P.S. : Pense à manger, même si c'est pas bon, comme la tarte aux concombres... Une cuillère pour Papa, une cuillère pour Maman, une cuillère pour Grand-Mère, une cuillère pour Nico, une cuillère pour moi, et pour qui tu veux du moment que tu manges...

marcocroco a dit…

Encore une fois, félicitations pour la qualité de tes récits! C'est vraiment un régal de te lire. Ce coup-ci il y a carrément des expressions d'anthologie : "moi qui ai toujours peur de n'avoir pas assez de temps pour tout faire, là je constate que j'ai tout mon temps pour rien à faire!..." va devenir une citation c'est sûr! de même que "le haut débit est au plus bas" est vraiment mais vraiment une mignone expression!
Biz Marc