Le karité (de son vrai nom Butyrospermum Parkii) est un arbre qui pousse uniquement à l'état sauvage dans les savanes arborées des pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre.Je l'ai donc trouvé au Mali où il pousse au milieu des champs de mil et d'arachides, au bord des routes ou au milieu des villages. Il ressemble beaucoup au manguier (forme des feuilles et aspect général de l'arbre) alors pour éviter de les confondre il faut regarder le tronc: celui du manguier est lisse.
Le karité est un arbre considéré comme sacré ou du moins protégé à cause de la richesse qu'il représente alors malheur à celui qui voudrait le couper. D'ailleurs lorsque des enfants de Dara avaient rapporté quelques jeunes troncs pour confectionner un "hangar" (**) devant ma case, ils se sont vus rappeler que ce n'était surtout pas ces arbres là qu'il fallait couper!! Trop tard!....
Et surtout dommage quand on sait que l'arbre de karité peut vivre jusqu'à 3 siècles. Il commence à donner des fruits seulement à l'âge de 15 ans, mais n'atteindra sa pleine production qu'à partir de 25ans. La production moyenne est de 15 à 20 kilos de fruits frais par arbre.
La vie de la plupart des femmes s’organise autour de la collecte et de la préparation du beurre de juin à décembre.
Les fruits sont ramassés de mi-juin à fin septembre. Sous la peau verte, la fine pellicule de pulpe peut se racler avec les dents pour laisser un goût un peu vert et légèrement sucré sur le bout de la langue. Sinon les fruits sont laissés au soleil ou enterrés dans des trous pour que la peau sèche ou pourrisse et s'enlève plus facilement.
Les noix récupérées sont torréfiées dans la partie supérieure de ces fours:
Four à karité et foyers pour la cuisine
Grenier à grain et fours à karité (village de Falani)
Une fois les noix cuites, on les pèle comme des châtaignes grillées pour récupérer les amandes.
Les amandes sont moulues au moulin. On obtient une pâte épaisse qui sent fortement le cacao.
Cette pâte est ensuite mélangée à de l’eau chaude et vigoureusement barattée. Au fur et à mesure du barattage, une émulsion blanchâtre se forme: l'eau bouillante permet de séparer le beurre des autres composants de l'amande et des impuretés.
La matière grasse est isolée à mesure qu'elle apparaît. Le reste est jeté. L'opération sera renouvellée six ou sept fois pour purifier au mieux le beurre.
Le beurre est encore malaxé avec quelques gouttes de jus de citron pour le blanchir davantage. Il est ensuite cuit pendant des heures afin que l'eau s'évapore et que l'huile (le beurre fondu) puisse être filtrée des dernières impuretés.
En refroidissant, le beurre se durcit et ne fond plus, même entreposé dans une case où la chaleur dépasse les 40°C (dans la série "j'ai testé pour vous", ça c'est fait!!)
Comme les femmes de Dara ne sont pas regroupées en coopérative, elles en gardent une partie pour les soins des bébés ou la cuisine, et vont vendre le reste à Bamako.
Ca c'est une boule de 8kg de beurre, ficelée dans des feuilles pour une conservavtion jusqu'à l'année suivante.Petit résumé de la transformation:

** Les enfants construisant un hangar devant la case d'un enseignant:




1 commentaire:
Très intéressant !!!
Dans mes souvenirs, le beurre de Karité tout frais a une odeur bien caractéristique et c'est excellentissime pour la peau sèche
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