samedi 25 octobre 2008

Journée type de semaine à Dara 1ere partie

Commençons au commencement de la journée c'est à dire à 00h00.
Selon s'il fait enfin bon ou encore trop chaud dans la case à cette heure-ci, et bien je dors, ou je fais le crepe pour tenter de me refroidir.
4h45: l'appel à la prière me reveille une fois sur deux, si ce n'est pas le cas, les coqs prennent vite le relais! Le sommeil essaie de gagner ce rude combat comme il peut! Le bruit sourd des pilons des femmes qui pilent le mil et la fraicheur matinale me permettent de rester dans un leger sommeil.
Enfin 6h20, la sonnerie du reveil rompt definitivement avec ces douces melodies matinales. Il m'est d'autant plus difficile de me lever que maintenant il fait presque frais dans la chambre (enfin!)
Bo mon voisin direct et sa femme sont levées depuis un moment deja. Les cases sont en enfilade, moi à l'extrémité derriere la paillasse du fond sur la photo. Je suis à l'autre extremité, chez Moussa.

Depuis 6h, c'est le défilé aux coins WC/douche. Il y en a 3 pour 9 que nous sommes:

1er plan: 2 coins WC/douche, puis le terrain de basket, la cour et au fond 5 des 9 classes.

Je vais remplir mon seau au puits, 1er effort de la journée, soulever les 4-5l d'eau que contient la puisette. Puis je traverse le long des cases jusque chez Moussa (car c'est le coin dont les murs se sont le moins effondrés pendant les pluies dernieres, mais je ne peux quand meme pas me laver debout, car c'est quand meme trop bas pour moi!).

Je traverse donc, nous nous croisons mais point de francs saluts avant d'etre laves, habillés... Juste un signe de tête ou un petit marmonnement sans se regarder si nous nous croisons de trop pres... mais par contre ensuite nous nous saluons et nous serrons la main à longueur de journée, des qu'une nouvelle personne est dans le groupe, il faut resaluer tout le monde!.

Ainsi donc, tete baissée, je pars me doucher. S'il fait bien frais, le 1er gobelet d'eau sur le visage est le plus difficile à verser. Mais comme l'eau du puits est toujours un peu tiede, ca passe bien. Maintenant je sais garder mon equilibre accroupie sans trop de difficultés et peux donc meme profiter du lever de soleil sur la brousse. 4 ou 5l d'eau plus tard, la douche est finie et le temps de me rehabiller, j'ai deja trop chaud!

7h: je retourne chez Moussa preparer le petit dej' pendant qu'il se lave. Au menu: restes du plat de la veille si la chaleur nocturne ne l'a pas gaté, bananes s'il y a, ou pain avec un peu de miel et thé.

7h45: montée du drapeau et chant national sonnent le debut des cours. Mon emploi du temps ocille entre cours de francais en classe entière (entre 57 et 118 eleves!) et cours de rattrapage en maths et francais en petits groupes à la bibliothèque pour les 3 classes de 2eme cycle (ca correspond à 5e 4e et 3e chez nous).

A midi, il fait déjà tres chaud. Le mardi, je profite de mon heure de libre de 11 à 12h pour aller faire un petit tour au marché. Meme jour là, ce sera la surprise de ce que je pourrais y trouver: qq tomates, oignons? aubergines?... des oeufs? brochettes de boeuf? impossible d'etablir un menu à l'avance. Puis il faut preparer. D'abord je me rafraichis un peu en faisant la vaisselle du repas de la veille. Judle, la femme du directeur du 1er cycle m'apporte toujours un plat de riz avec une sauce : aux gombos (trop gluant pour moi!) à la tomate, aux oignons... Selon la sauce, avec Moussa nous mangerons ca ou préparerons autre chose. Les 2 plats combinés nous font souvent les repas du midi et du soir.

Nous nous installons sous la tonnelle ci dessus pour préparer et manger. Goita, enseignant et voisin, arrive alors pour préparer le thé sur le rechaud à charbon. Jusqu'à 15h, ce sera le défilé de collègues et gens du village qui viennent causer et partager le thé.

Suite et fin au prochain épisode.

Notre coin cuisine chez Moussa, lorsque nous préparons dedans.

Visite de ma demeure:

5 commentaires:

J-P a dit…

Salut l'Aventurière!

Merci pour cette visite, tes photos et ce récit sur ta journée-type à Dara. C'est bon parfois de voir qu'on peut vivre bien sans toutes ces choses qui nous entourent ici et nous asservissent. Un peu comme quand on part en rando plusieurs jours et que notre vie tient dans un sac à dos de 65 litres... Revenir à l'essentiel. Rien que pour ça je t'envie.
Ici nous sommes passés à l'heure d'hiver et les vacances débutent pour moi. Je vais partir un peu et profiter de ce temps libre pour changer de rythme, j'en ai besoin.
Bon courage, attention aux crampes sous la douche...
Gros bisous. A très vite.

J-P

Unknown a dit…

Coucou Salimata!

C'est super de revoir des photos du village. Plein de souvenirs qui reviennent... Encore, encore! ;-)
Avec la déprime hivernale qui arrive, j'aimerais bien être sous le soleil de Dara!
Profites en bien.
A bientôt
Bises
Fred

Baba a dit…

Alors comme ça tu n'aimes pas la sauce gombo ?

céline et bénédicte a dit…

Coucou Sandra!
Merci pour ces descriptions, on imagine mieux. Ca fait envie en effet, j'hésite à redemander mi-temps l'an prochain.
Y'a pas trop de bébêtes?
Vacances pour moi aussi, je reviens de quelques jours à Paris, et la je flemmasse chez mes parents!
plein de bisous
Céline

CGr a dit…

Coucou Salimanta,
j'ai trouvé ce poeme qui pourrait avoir sa place là:

Il meurt lentement
celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver
grâce à ses yeux.

Il meurt lentement
celui qui détruit son amour-propre,
celui qui ne se laisse jamais aider.

Il meurt lentement
celui qui devient esclave de l'habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère,
Ne se risque jamais à changer la couleur
de ses vêtements
Ou qui ne parle jamais à un inconnu

Il meurt lentement
celui qui évite la passion
et son tourbillon d'émotions
celles qui redonnent la lumière dans les yeux
et réparent les coeurs blessés

Il meurt lentement
celui qui ne change pas de cap
lorsqu'il est malheureux
au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques
pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie,
n'a fui les conseils sensés.

Vis maintenant!
Risque-toi aujourd'hui!
Agis tout de suite!
Ne te laisse pas mourir lentement!
Ne te prive pas d'être heureux!

Pablo Neruda,
poete chilien.

Continue à nous donner de tes nouvelles!
Je t'embrasse!
Christophe